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Ce détail sur ta thermopompe fait grimper ta facture sans que tu le remarques

Tu sais probablement déjà qu'il faut nettoyer le filtre. Ce que tu sous-estimes, c'est à quel point l'ignorer te coûte cher.

par Avatar photoJulien Gandelin
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Tu ouvres ton compte Hydro-Québec avec à peu près la même appréhension qu’un résultat de prise de sang. Rien n’a changé dans la maison, tout le monde jure n’avoir rien modifié, et pourtant le chiffre du mois est encore plus élevé que le précédent.

Ton ou ta conjointe accuse la sécheuse. Toi, tu accuses discrètement ton ou ta conjointe. Personne n’accuse la thermopompe, parce que contrairement à l’adolescent de la maison, elle n’a jamais eu l’air de faire exprès.

Sauf que dans bien des cas, le vrai suspect, c’est elle. Pas parce qu’elle est brisée, mais parce que ce fameux filtre que tout le monde sait qu’il faudrait nettoyer « de temps en temps » traîne probablement dans cette zone floue depuis un peu trop longtemps.

Le détail qui coûte cher : un filtre encrassé

Quand le filtre de ta thermopompe se remplit de poussière, de peluches et de poils d’animaux qui semblent s’y être donné rendez-vous, l’air circule moins bien à travers l’appareil. Selon BranchéQC, plateforme québécoise spécialisée en électrification résidentielle, un filtre encrassé force la thermopompe à travailler plus fort, réduit son efficacité et peut carrément causer des pannes.

En clair : le compresseur consomme davantage d’électricité pour livrer la même quantité de chaleur ou de fraîcheur, et cette énergie en trop, c’est toi qui la paies, sans jamais avoir signé pour ça.

BranchéQC recommande de nettoyer ou de remplacer les filtres tous les un à deux mois, un peu plus souvent avec un chat, un chien ou des allergies dans la maison. Ce qui, avouons-le, est nettement plus fréquent que le « de temps en temps » que la plupart des gens pratiquent réellement. Sur la plupart des unités murales, le filtre se trouve derrière le panneau avant, se rince à l’eau froide et doit sécher complètement avant d’être remis en place, cette dernière étape étant probablement le vrai test de patience de l’opération.

Mets-toi un rappel récurrent quelque part. C’est sans doute la tâche d’entretien la moins glorieuse de la maison, coincée quelque part entre nettoyer le bac à légumes et démêler les fils du sapin, mais aussi l’une des plus payantes.

Les réglages qui peuvent annuler une partie de tes économies

Le filtre n’est pas seul en cause. La façon dont tu programmes ta thermopompe joue aussi un rôle, particulièrement le fameux mode « auto », ce réglage qui a l’air brillant sur le boîtier et beaucoup moins une fois branché à ta facture.

Selon Air Péloquin, entreprise spécialisée en climatisation et chauffage sur la Rive-Sud, ce mode laisse l’appareil basculer seul entre chauffage et climatisation selon la température ambiante. En théorie, il gère tout pour toi. En pratique, ce va-et-vient peut entraîner des changements de mode intempestifs qui sollicitent davantage le compresseur, un peu comme quelqu’un qui n’arrive pas à se décider entre deux vestes et qui finit par sortir sans manteau. L’entreprise recommande plutôt un réglage manuel stable, autour de 20 à 21 °C (68 à 70 °F) le jour et 18 à 19 °C (64 à 66 °F) la nuit en hiver.

L’objectif n’est pas de figer le thermostat pour l’éternité, mais d’éviter les cycles courts causés par des changements automatiques constants. Un système qui alterne sans arrêt entre chaud et froid consomme plus qu’un système qui roule de façon stable, exactement comme toi après trois cafés et zéro décision claire pour le souper.

L’entretien : quoi vérifier dehors, et combien ça coûte au Québec

Il y a aussi l’unité extérieure, qu’on oublie généralement dès la première bordée, quand pelleter l’entrée devient déjà en soi un exploit sportif.

Selon Air Péloquin, la neige accumulée autour de l’appareil agit comme une barrière à la circulation d’air, et il faut maintenir un espace libre d’au moins 60 cm (24 po) tout autour, sur tous les côtés, même quand la tempête donne l’impression que ce sera peine perdue.

Une thermopompe bien entretenue reste malgré tout un appareil redoutablement efficace. Selon le guide du participant au programme Thermopompes efficaces d’Hydro-Québec, pour chaque kWh d’électricité consommé, l’appareil peut produire de 2 à 4 kWh d’énergie thermique, soit un coefficient de performance de 2 à 3,5. Mal entretenue, elle demeure probablement plus efficace qu’une plinthe électrique. Mais « probablement plus efficace » et « aussi efficace qu’elle pourrait l’être », ce n’est pas tout à fait le même montant au bas de la facture.

Pour l’entretien professionnel, BranchéQC estime qu’une visite annuelle complète coûte généralement entre 150 $ et 350 $ au Québec en 2026, un peu plus pour un contrat incluant deux visites (entre 250 $ et 500 $). La règle la plus simple : occupe-toi toi-même des filtres et du dégagement de l’unité, et réserve la visite professionnelle si l’appareil a visiblement perdu en performance, si l’accès est compliqué, ou si personne n’y a touché depuis assez longtemps pour que ce soit gênant de l’admettre.

Alors la prochaine fois que ta facture grimpe sans raison apparente, avant de soupçonner ta thermopompe, ton fournisseur d’électricité ou une conspiration météorologique impliquant tout le quartier, jette un coup d’œil derrière le petit panneau. La réponse est probablement là, en train d’accumuler tranquillement des poils de chat depuis le mois de mars.

Sources : BranchéQCHydroQuébecAirPéloquin

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