Ça faisait longtemps que ma meilleure amie et moi voulions tester un head spa.
À force de voir passer des vidéos de femmes allongées pendant qu’on leur masse le cuir chevelu, qu’on leur fait couler de l’eau autour de la tête et qu’elles ont l’air d’avoir momentanément quitté leur corps, forcément, on était curieuses.
Parce que moi, quand je me lave les cheveux, l’ambiance est légèrement différente.
J’ai environ 3 minutes 27 secondes pour faire mon shampoing, masser mon cuir chevelu, rincer, appliquer mon masque et tenter de le laisser agir avant que quelqu’un crie « MAMAN » depuis une autre pièce.
Souvent pour une urgence majeure.
Du genre : couper dans la seconde une étiquette qui gratte, mais qui n’avait curieusement jamais gratté les 25 autres fois où le chandail avait été porté. Ou confirmer que, oui, il faut encore se brosser les dents aujourd’hui.
Donc le masque pose ce qu’il peut.
Mais je dois avouer que ça m’a pris presque une quarantaine d’années pour comprendre trois choses essentielles au sujet de mes cheveux.
1. Mes cheveux sont ondulés.
Pas raides, pas vraiment bouclés non plus. Juste entre les deux, dans cette zone très pratique où ils ont longtemps eu l’air de ne pas avoir choisi leur camp.
À ma décharge, ils ont aussi évolué avec le temps.
Mais j’ai fini par comprendre que les brosser à sec et tenter de les raidir en permanence ne les aidaient peut-être pas à donner le meilleur d’eux-mêmes.
Disons que je les traitais comme des cheveux qu’ils n’avaient jamais demandé à être.
2. Avoir les cheveux fins ne signifie pas nécessairement que l’alopécie t’attend tranquillement au prochain tournant.
Tu peux avoir les cheveux fins ET avoir de beaux cheveux.
Une phrase qui semble assez banale comme ça, mais que personne ne m’avait vraiment expliquée.
Dans les salons de coiffure, on avait plutôt tendance à se sentir désolé pour moi.
J’ai eu droit aux remarques sur mes « trois poils sur le caillou », aux soupirs devant mon manque de volume et aux conseils donnés avec l’enthousiasme d’un médecin qui vient de t’annoncer que la situation est malheureusement irréversible.
Tu arrives déjà moyennement à l’aise avec tes cheveux et tu repars avec l’impression qu’il faudrait surtout apprendre à vivre avec ta malchance.
Très bon pour la confiance.
3. Il faut traiter son cuir chevelu un peu comme sa peau.
Le nettoyer, l’hydrater, l’exfolier de temps en temps et le masser régulièrement.
Après la naissance de ma fille, il y a six ans, mes cheveux étaient dans un état horrible. J’avais l’impression de ne presque plus rien avoir sur la tête.
Alors, tranquillement pas vite, j’ai commencé à changer certaines habitudes. J’ai notamment adopté une petite brosse en silicone pour masser régulièrement mon cuir chevelu.
Et contre toute attente, mes cheveux ont commencé à me le rendre.
Depuis quelques années, ils poussent enfin.
Ils restent fins, évidemment. Je n’ai pas développé la crinière d’une publicité de shampoing pendant la nuit.
Mais ils sont plus longs, plus beaux et surtout beaucoup plus en santé qu’avant.
D’ailleurs, si ton cuir chevelu reçoit actuellement moins d’attention que la plante verte oubliée sur ton rebord de fenêtre, Julien avait consacré toute une infolettre aux gestes qui peuvent réellement aider : massage crânien, shampoings, sérums, huiles et même casques lumineux légèrement inquiétants. Tu peux la relire ici.
C’est justement en intégrant peu à peu ce genre de gestes à ma routine que j’ai commencé à voir une vraie différence.
Et j’ai voulu savoir ce qu’un soin professionnel pouvait encore ajouter à tout ce que je faisais déjà chez moi.
C’est exactement ce que je suis allée découvrir au Sanctuaire du Head Spa, à Blainville.
Sommaire
Je suis arrivée en retard. Évidemment.
En fait, j’étais partie à l’heure.
Mais il y a toujours ce moment où le GPS te dit de prendre une direction, que tu suis parfaitement, puis deux secondes plus tard t’annonce qu’il fallait tourner ENCORE juste après. Sauf que cette deuxième information, je ne la vois pas.
Parce que l’intrigue de mon livre audio est à son apogée et que, visiblement, découvrir qui ment depuis le début passe avant d’arriver à destination.
Donc je continue tout droit. Le GPS recalcule. Je lui en veux personnellement. Et j’arrive en retard.
L’histoire de ma vie.
Quand j’entre enfin au Sanctuaire du Head Spa, Zozan et Michèle sont déjà prêtes à nous recevoir.
Et dès les premières secondes, ça sent la gentillesse et ça respire la bonne humeur. Elles sont souriantes, enthousiastes, vraiment contentes de nous accueillir. Le genre d’énergie qui te fait presque oublier le stress d’arriver en retard à un soin censé t’aider à relaxer.
Presque.
Bref. On nous conduit directement dans un petit salon pour observer notre cuir chevelu avec une caméra grossissante.
Très grossissante.
Le genre de zoom où les quelques jours depuis ton dernier shampoing deviennent immédiatement très difficiles à nier.
Parce que oui, je rince mes cheveux entre deux shampoings après le sport, avec un peu de revitalisant, mais je ne les lave vraiment qu’une ou deux fois par semaine. La caméra confirme donc qu’il y a un petit excès de sébum et quelques mini-pellicules un peu grasses ici et là, à la racine.
Pas exactement le portrait officiel que j’aurais choisi de faire encadrer. Mais on voit aussi très bien les vaisseaux sanguins sous le cuir chevelu.
Et apparemment, c’est une bonne nouvelle.
On m’explique que ça montre que mon cuir chevelu est bien irrigué et en santé. Honnêtement, j’étais contente de l’entendre.
Parce que je me donne.
Depuis des années, je masse mon cuir chevelu, je fais attention à mes produits et j’essaie de comprendre ce dont mes cheveux ont réellement besoin. Alors apprendre qu’en dessous du sébum et des quelques résidus, tout ce petit monde fonctionne correctement, ça m’a fait plaisir.
Le diagnostic est finalement assez simple : racines grasses, pointes sèches, cuir chevelu en santé.
Et là, Michèle me regarde avec beaucoup trop d’enthousiasme pour quelqu’un qui vient d’observer mes follicules en gros plan.
Elle me dit qu’elle sait exactement quels soins elle va utiliser, qu’elle adore travailler avec les cheveux fins parce que ce sont ceux qui réagissent le mieux aux soins, que les miens sont déjà beaux et surtout qu’ils vont être tout doux.
Je ne le savais pas encore, mais cet enthousiasme envers mes cheveux allait me faire beaucoup plus de bien que prévu.
Ce qu’on fait réellement pendant 1h15

Ce n’est pas ma tête (je suis timide), mais c’est magique!
D’abord, on s’installe. Très confortablement.
Une fois le diagnostic terminé, on part se changer. On nous donne une serviette qui s’attache avec des boutons-pression, donc qui est théoriquement capable de rester en place quoi qu’il arrive, puis un peignoir.
Et les deux ont été chauffés.
Bon, on est en plein été. Disons que l’effet « refuge nordique après une traversée dans la neige » est légèrement moins saisissant. Mais j’apprécie la démarche. Et je me dis qu’en plein mois de février, tu dois recevoir ce peignoir chaud comme un geste d’amour.
On entre ensuite dans une salle avec deux gros fauteuils qui ont l’air extrêmement confortables, avec les lavabos installés directement derrière la tête.
Juste avant que je m’assoie, Michèle m’arrête, me regarde dans les yeux et me dit :
« C’est ton moment. Tu me dis si tu as trop chaud, trop froid, si tu es inconfortable ou si tu veux que j’ajuste quelque chose. »
J’ai immédiatement compris que j’avais maintenant une seule mission : relaxer.
Et surtout, ne pas la rater.
Je m’installe. Le fauteuil s’allonge tranquillement, on me couvre avec une couverture et je découvre qu’il est également chauffant. Entre le peignoir chaud, la couverture et le fauteuil chauffant, le risque d’hypothermie est officiellement écarté.
On me demande de prendre trois grandes respirations pendant qu’on me fait sentir des huiles essentielles. J’inspire profondément.
Mon corps comprend qu’on aimerait qu’il se détende. Mon cerveau, lui, prend la demande en considération.
Puis le soin commence.
La première demi-heure : mon cuir chevelu devient le centre de l’univers.

Mon cuir chevelu avant
Durant la première demi-heure, on s’occupe principalement de mes cheveux et de mon cuir chevelu. Il y a d’abord le shampoing, puis l’exfoliation avec une brosse en silicone semblable à celle que j’utilise déjà chez moi.
On m’avait expliqué précédemment que le cuir chevelu est le prolongement de la peau du visage et qu’il peut lui aussi accumuler du sébum, des cellules mortes et des résidus de produits. Pas besoin de l’exfolier chaque semaine, mais une fois par trimestre, c’est l’idéal.
Et le massage du cuir chevelu avec la brosse en silicone?
Génial.
Ce n’est pas encore le lâcher-prise total. Mon cerveau est toujours très occupé à suivre chaque étape, à essayer d’identifier les produits et à analyser les sensations comme si un rapport détaillé était attendu à la sortie.
Ce qui, dans mon cas, est effectivement un peu vrai.
Michèle applique ensuite un autre produit dont je serais parfaitement incapable de te donner le nom. Elle utilise ensuite une petite brosse massante que tu as probablement déjà vue passer sur les réseaux sociaux.
Oui, celle qu’on voit souvent utilisée sur des chats qui ont l’air de vivre leur meilleure vie.

La brosse magique et ses copines
Eh bien, je comprends maintenant les chats.
C’est une dinguerie. Elles venaient tout juste d’ajouter cette étape au soin et, franchement, je valide officiellement la décision.
On m’applique ensuite un masque capillaire, puis un masque lesté sur les yeux. Michèle m’avait prévenue qu’à ce moment-là, elle installerait le fameux dôme au-dessus de ma tête.
Mes cheveux se retrouvent donc dans une sorte de bulle où j’entends l’eau couler et où je sens progressivement la vapeur se diffuser. Le principe est d’aider à ouvrir les pores du cuir chevelu et à favoriser l’action des produits.
Moi, ce que je retiens surtout, c’est que le bruit de l’eau m’apaise presque immédiatement.
Le moment où mon cerveau finit enfin par décrocher
Voir cette publication sur Instagram
Jusqu’ici, j’étais encore dans l’observation.
Est-ce que ça gratte? Quel produit vient d’être appliqué? Est-ce que la brosse tourne ou monte et descend? Pourquoi les chats ont-ils accès à ça depuis si longtemps sans nous prévenir?
Sous le dôme, l’eau coule, la vapeur monte et mon cerveau commence enfin à fermer quelques onglets.
C’est là que le soin change complètement.
Pendant que le masque agit sur mes cheveux, Michèle passe aux épaules, aux bras et aux mains. Elle les masse avec des huiles avant de terminer avec des pierres chaudes.
J’avais complètement oublié que les pierres faisaient partie du soin.
Très belle surprise.
Le rituel comprend aussi le Shirodhara, une pratique qui consiste à faire couler lentement et continuellement de l’eau sur le front, au niveau du fameux « troisième œil », pour favoriser le lâcher-prise.
Mais bon, à ce stade, je ne cherche plus vraiment à comprendre ce qui se passe.
Je sais seulement que quelqu’un me masse les bras, que ma tête est enveloppée de vapeur, que de l’eau coule quelque part autour de mon troisième œil et que, depuis plusieurs minutes, personne ne m’a demandé de couper une étiquette.
C’est incroyable.
Et pendant tout le reste du soin, c’est pratiquement la seule pensée cohérente qui me reste.
Un réveil organisé avec plus de douceur que ma naissance
Quand le soin se termine, on me demande de prendre encore trois grandes respirations. Le fauteuil se relève tranquillement, on me masse une dernière fois les bras et on m’enveloppe dans mon peignoir, qui a évidemment été remis à chauffer.
Même mon retour à la verticale est pris en charge.
On nous laisse reprendre tranquillement nos esprits, nous rhabiller et retrouver une apparence à peu près compatible avec la vie en société. On rejoint ensuite Michèle et Zozan dans le petit salon du diagnostic, où elles nous offrent un thé ou une tisane.
Et là, on ressort la caméra MÉGA grossissante.
Deuxième apparition publique de mon cuir chevelu, mais cette fois, j’ai beaucoup moins peur du résultat.
Plus aucune trace de sébum. Plus de petits résidus. Le cuir chevelu est parfaitement propre. On distingue même encore mieux les vaisseaux sanguins.

Mon cuir chevelu après : comme neuf!
Bref, le ménage a été fait jusque dans les coins.
Mais ce qui me reste surtout, c’est la façon dont Michèle continue de parler de mes cheveux. Ils sont fins, oui, mais aussi nombreux, en santé et particulièrement réceptifs aux soins.
Ça peut sembler anodin, mais après des années à entendre parler de mes cheveux comme d’un petit dossier regrettable, cet enthousiasme m’a fait un bien fou.
Pour une fois, personne ne semblait désolé pour moi.
On nous demande ensuite ce qu’on a pensé du soin et s’il y aurait quelque chose à améliorer. Michèle m’explique que chaque personne réagit différemment et que, pour elle aussi, chaque soin est une expérience partagée.
Personnellement, j’avais fait ma part du voyage.
On nous invite ensuite à tirer une petite carte. La mienne dit :
« Tu peux aimer de manière illimitée. »
Je ne sais pas encore exactement comment l’interpréter. Mais comme je venais de passer 1h15 à essayer de lâcher prise, j’ai décidé que ce n’était probablement pas le moment de faire une introspection.
On repart aussi avec deux produits René Furterer choisis pour notre type de cheveux.
Le retour à la réalité, avec une tresse française parfaite
Il reste maintenant la question des cheveux mouillés.
Le soin comprend un séchage rapide, mais on nous propose aussi une tresse française. Mon amie et moi choisissons cette option sans hésiter et, quelques minutes plus tard, on ressort de là avec deux tresses impeccablement réalisées.
Juste avant de payer, dernière surprise : on nous offre une serviette démaquillante réutilisable de la marque canadienne Cloth In A Box.
Je suis donc arrivée en retard, légèrement stressée et avec quelques jours de sébum officiellement documentés en très gros plan.
Je suis repartie détendue, le cuir chevelu impeccable, les cheveux tout doux, deux produits, une serviette démaquillante et une tresse française parfaite.
J’ai déjà connu des retours à la réalité plus violents.
Alors, qu’est-ce qu’un head spa apporte vraiment de plus?
Mon shampoing lave mes cheveux. Mon masque les hydrate. Ma brosse en silicone masse et exfolie mon cuir chevelu.
Le head spa ajoute un diagnostic précis, des produits choisis selon l’état réel de mon cuir chevelu et un nettoyage beaucoup plus poussé que ce que je peux faire seule sous la douche.
Mais aucun de mes produits ne me masse non plus les épaules avec des pierres chaudes ni ne remet mon peignoir à chauffer pendant que mon troisième œil se fait arroser.
C’est principalement là que se trouve la différence.
Alors, mes cheveux avaient-ils vraiment besoin d’un head spa à 200 $?
Honnêtement, je ne le sais pas encore.
Ils étaient doux, brillants, parfaitement propres et mon cuir chevelu avait l’air irréprochable sur les photos après le soin. Mais pour savoir si l’expérience a de vrais bienfaits à long terme, il faudrait voir comment mes cheveux évoluent dans les prochaines semaines.
Par contre, est-ce que moi, j’en avais besoin?
Clairement.
Pendant 1h15, quelqu’un s’est occupé de moi avec une attention presque déraisonnable. On m’a massé le cuir chevelu, les bras et les épaules, enveloppée dans du chaud, fait respirer des huiles essentielles et accompagnée dans mon réveil comme si je revenais d’un très long voyage intérieur.
Je suis repartie détendue, valorisée dans un type de cheveux qu’on m’a souvent présenté comme une fatalité, avec deux produits, une serviette démaquillante et une tresse française parfaitement exécutée.
Est-ce que je ferais ça tous les mois? Non. J’ai d’autres responsabilités financières et, accessoirement, une famille.
Mais comme expérience occasionnelle, dans la même catégorie qu’une journée au spa? Oui, absolument.
Donc non, mes cheveux n’avaient peut-être pas désespérément besoin de ça.
Mais ils ne se sont pas plaints.
Une dernière chose : contrairement à ce que les vidéos sur les réseaux sociaux peuvent laisser croire, le head spa n’est pas réservé aux femmes. Toute personne qui a un cuir chevelu, des cheveux ou simplement très envie qu’on lui masse la tête pendant 1h15 peut manifestement en profiter.
Bref, le lâcher-prise n’a pas de genre. Et manifestement, on en a tous besoin de temps en temps.


