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Est-ce que le masque LED Shark CryoGlow, encensé par l’industrie de la beauté, vaut vraiment tes 500 $?

Ce qu'il faut savoir avant de sortir ta carte de crédit pour une lumière qui clignote sur ton visage.

par Avatar photoJulien Gandelin

Tu savais qu’on peut maintenant s’illuminer le visage comme une enseigne au néon dans l’espoir d’effacer un peu la fatigue?

Ma femme a testé le meilleur sur le marché dans cette catégorie, le Shark CryoGlow, pendant quatre mois. Je vais te donner son verdict.

Mais avant de te dire si tu dois dépenser ton argent là-dedans, faut qu’on jase un peu de cette technologie-là. C’est quoi au juste? Est-ce que ça repose sur des données scientifiques, ou c’est juste un autre appareil beauté qui va finir dans un tiroir après trois semaines?

C’est quoi, un masque LED, et est-ce que t’en as vraiment besoin?

Dans le fond, c’est simple : le masque envoie de la lumière colorée directement sur ta peau, et chaque couleur a un rôle différent.

Le rouge vise le collagène, cette protéine qui garde la peau ferme et qui commence tranquillement à en faire moins en vieillissant. L’infrarouge va encore plus loin dans la peau et s’attaque aux rides plus creusées, là où le rouge a moins d’effet. Le bleu, lui, reste proche de la surface et cible directement les bactéries responsables de l’acné. Trois lumières, trois usages différents, ce qui explique pourquoi les meilleurs masques les combinent plutôt que de miser sur une seule.

La vraie question, c’est de savoir si t’en as besoin.

Honnêtement? Si tu penses te coller ça sur la face demain matin pour avoir l’air frais pour un souper le soir même, oublie ça tout de suite. Zéro miracle instantané là-dedans (par contre, le CryoGlow a une fonction additionnelle qui fait exception à cette règle, mais on y revient plus loin).

Mais si t’as des rougeurs qui te tombent sur les nerfs, une peau qui fait de l’acné, ou juste envie d’entretenir ta peau sur le long terme, là ça devient intéressant. Faut juste être prêt.e à t’y mettre plusieurs fois par semaine, pendant des mois. Pas juste quand ça te tente un dimanche soir.

Et si ta peau a un vrai problème, sérieux? Un dermatologue avant tout. Le masque vient compléter ça. Pas le remplacer.

Comment savoir si le masque que tu regardes en vaut vraiment la peine

Mettons que t’es convaincu.e. Comment tu fais pour pas te ramasser avec une coquille vide qui clignote fort mais qui fait pas grand-chose?

Premier réflexe : regarde si ça couvre vraiment tout le visage. Le nez, le contour des yeux, le menton : c’est souvent là que les modèles d’entrée de gamme échouent. Ils couvrent bien le centre du visage et négligent ces zones-là.

Deuxième chose, probablement la plus révélatrice : est-ce que le fabricant te donne les longueurs d’onde exactes? Genre 630 nanomètres pour le rouge, 415 pour le bleu, 830 pour l’infrarouge. Si cette info-là existe nulle part sur la fiche produit, ça vaut la peine de se questionner. Un fabricant qui connaît vraiment son affaire n’a aucune raison de la cacher.

Troisième chose, plus terre à terre celle-là et qui relève surtout du bon sens : un arrêt automatique. Parce qu’un moment donné tu vas t’endormir avec ça sur la face, ça arrive à tout le monde, et l’appareil devrait s’éteindre tout seul plutôt que de continuer à clignoter pendant des heures.

Et pendant qu’on y est : au Canada, les instruments médicaux de certaines classes doivent être homologués par Santé Canada avant d’être vendus légalement ici. Avant d’acheter un masque à 60 $ sur un site qui existe depuis genre mardi passé, ça vaut la peine de vérifier ça.

Masque LED : le vrai du faux, parce qu’il s’en dit beaucoup

Deux idées reçues reviennent souvent sur les masques LED, et ça vaut la peine de les adresser ici.

“Il n’y a pas de vraies données derrière ça, c’est juste du marketing.”

Faux, mais la réponse est plus nuancée qu’on pense. Attends, je t’explique.

En 2014, une étude publiée dans la revue scientifique Photomedicine and Laser Surgery a suivi 136 personnes réparties entre un groupe traité et un groupe témoin. Les chercheur.euse.s ont mesuré la densité du collagène par échographie plutôt que par un simple sondage de satisfaction, et ils ont observé une vraie augmentation chez les personnes exposées à la lumière rouge et infrarouge.

Cela dit, il faut être honnête sur un point : cette étude-là testait des panneaux lumineux, pas un masque qu’on porte devant son émission du soir. Le principe fonctionne, ça, c’est établi. Mais ton masque à toi, celui que tu regardes en ce moment sur Amazon, n’a pas nécessairement été testé lui-même par un laboratoire qui n’a aucun intérêt à te le vendre.

“Une fois que les progrès sont là, ils restent acquis.”

Faux.

Une étude citée par UCLA Health, le centre médical universitaire de l’Université de Californie à Los Angeles, a suivi les effets d’un masque à lumière rouge sur trois mois d’utilisation régulière. Les progrès étaient réels. Sauf qu’un mois après l’arrêt des séances, ils avaient déjà commencé à s’effacer.

C’est donc pas un matelas qu’on achète une fois et qui dure quinze ans. C’est plus proche d’un abonnement au gym pris le 2 janvier : ça fonctionne tant qu’on continue à s’y présenter.

Ce qui peut réduire l’efficacité de ton masque

Même avec le bon appareil, certaines habitudes viennent nuire aux résultats sans qu’on s’en rende compte.

Sauter des semaines complètes. La régularité compte plus que l’intensité. Trois petites séances par semaine pendant des mois valent mieux qu’une grosse séance de temps en temps.

Commencer sans avoir nettoyé la peau. Le maquillage, le FPS, les résidus de crème créent une barrière avant même que la lumière atteigne la peau.

Abandonner juste avant que ça commence à payer. Trois semaines, aucun résultat visible, on conclut que ça sert à rien, on range ça dans un tiroir. Sauf que c’est justement à ce moment-là que les effets commencent habituellement à se voir.

Combiner ça avec des produits qui rendent la peau plus sensible à la lumière. Le rétinol ou certains exfoliants, par exemple. Mieux vaut vérifier les recommandations du fabricant avant d’empiler ça dans la même routine.

Le Shark CryoGlow répond-il vraiment à ces critères?

masque shark cryoglow - test achetezlemeilleur

Attends, on reprend les critères qu’on a mentionnés plus haut.

Une coque rigide, 480 petites lumières réparties pour ne laisser aucun recoin dans le noir, quatre programmes qui précisent chacun leurs longueurs d’onde. Et ce sont les bonnes : selon les fiches techniques officielles du fabricant, le bleu tourne autour de 415 nanomètres, le rouge autour de 630, l’infrarouge autour de 830. Exactement les valeurs qu’on cherche. Un arrêt automatique est aussi intégré.

Ma femme s’en est servie trois fois par semaine pendant quatre mois. Je te raconte tout ça en détail, incluant les vraies limites de l’appareil, dans le test complet qu’on a fait après quatre mois d’utilisation. Elle a fait une petite pause l’été venu et vient tout juste de reprendre, alors on fera sûrement un compte-rendu au bout de six ou neuf mois, pour voir si la différence est encore plus notable.

Jusque-là, que des points positifs. Mais en plus, il y a une fonction que la majorité des grandes marques n’offrent pas : deux panneaux refroidissants intégrés sous les yeux, réglables sur trois intensités. Le froid fait dégonfler instantanément. Résultat : un regard plus reposé en quelques minutes, sans attendre huit semaines de séances régulières.

Alors, tes 500 $? Si t’as la discipline de t’y présenter trois fois par semaine, sans lâcher, et d’en faire une vraie routine plutôt qu’un engagement à court terme, c’est un appareil qui peut vraiment offrir de beaux résultats. Mais si tu cherches un miracle instantané pour vendredi soir, oui, le côté rafraîchissant peut donner un petit coup d’éclat sur le coup. C’est juste peut-être pas l’appareil le plus adapté à ce besoin-là.

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